Revue Mensuelle des Marchés Emergents - Avril 2012 |
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Vue d'ensembleReprésentés par l’indice MSCI Emerging Markets, les marchés émergents ont clôturé le mois d'avril sur un repli de 1,2 % en dollar. Face à une actualité européenne incitant à plus de prudence, les flux d'investissements sont devenus négatifs pour la première fois depuis le début de l'année. La chute du gouvernement néerlandais et les résultats indécis du premier tour des élections présidentielles françaises ont mis en évidence le malaise croissant concernant l'austérité budgétaire dans la région. De plus, le chômage record en zone euro et l'abaissement de la note de la dette publique espagnole par Standard & Poor’s n'ont fait qu'alimenter les craintes des investisseurs. L'agence de notation a d'ailleurs abaissé la perspective de la note de crédit indienne et argentine à négative. La décision du gouvernement argentin de nationaliser la première compagnie pétrolière et gazière du pays et les projets du gouvernement indien de taxer les plus-values de manière rétroactive, en plus du manque de clarté concernant la règle controversée de lutte contre l'évasion fiscale (General Anti Avoidance Rule - GAAR), ont renforcé les difficultés existantes des deux pays. Le marché argentin s'est classé en queue de peloton sur le mois puisque l'indice MSCI Argentina a plongé de près de 30 % en dollar. Réalisant un moins bon parcours que ses homologues en raison notamment de l'affaiblissement de la roupie, l'indice MSCI India a terminé le mois d'avril en repli de 4,7 % en dollar. Heureusement, le Fonds monétaire international s'est procuré plus de 430 milliards USD supplémentaires pour faire face à tout nouveau problème découlant de la crise de la zone euro. Le point sur chaque régionAsieLa croissance du PIB chinois a poursuivi son ralentissement progressif, apaisant ainsi les craintes d'atterrissage forcé, mais elle continue d'appartenir au club des grands pays émergents les plus dynamiques. La croissance du PIB est ressortie à 8,1 % en glissement annuel (GA) au premier trimestre 2012, contre 8,9 % au quatrième trimestre 2011. La hausse des prix alimentaires a engendré une légère accélération de l'inflation en mars : l'indice des prix à la consommation est ainsi passé de 3,2 % en GA en février à 3,6 % en GA. Grâce à une progression plus rapide des exportations par rapport aux importations, la balance commerciale chinoise est redevenue excédentaire en mars. Affirmant sa volonté de promouvoir le processus de détermination du prix et de répondre à la demande des marchés, la Banque populaire de Chine a élargi la fourchette de fluctuation du renminbi de 0,5 % à 1 %, ce qui a contribué à accroître la flexibilité de ce dernier. Lors du premier voyage officiel d'un Premier ministre turc en Chine depuis plus de 25 ans, Recep Tayyip Erdogan a passé quatre jours dans l'Empire du Milieu. Sa rencontre avec le Premier ministre Wen Jiabao s'est soldée par un engagement à renforcer la coopération bilatérale par le biais d'accords dans des domaines tels que les échanges commerciaux, les investissements et le nucléaire. Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a rencontré ses homologues du Japon et de Corée du Sud en avril afin de discuter d'une coopération trilatérale accrue entre les trois nations. Le Président Hu Jintao s'est également entretenu avec le Premier ministre indien Manmohan Singh et fait vœu de favoriser le développement des relations bilatérales. La croissance économique de la Corée du Sud a encore ralenti en 2012, passant de 3,3 % en GA au quatrième trimestre 2011 à 2,8 % au premier trimestre 2012. En variation trimestrielle cependant, elle s'est accélérée de 0,3 % à 0,9 %, tirée principalement par la hausse des dépenses et investissements publics. Dopée par un bond de la construction automobile, la production industrielle est repartie à la hausse en février, s'adjugeant 14,4 % en GA contre un repli de 2,1 % en janvier. La Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra s'est rendue en Corée du Sud en mars. À cette occasion, les deux nations ont signé des accords portant sur les échanges commerciaux, les investissements, la gestion de l'eau et la recherche nucléaire, et ont convenu de renforcer le commerce bilatéral annuel à 30 milliards USD d'ici 2016. Dans le cadre d'efforts continus destinés à stimuler leur coopération bilatérale, le Président chinois Hu Jintao a également rencontré son homologue sudcoréen Lee Myung-bak à Séoul. Afin de soutenir l'économie intérieure qui marque des signes d'essoufflement, la banque centrale indienne a abaissé son taux directeur pour la première fois depuis trois ans, de 50 points de base (soit 0,5 %) à 8,0 % en avril. L'inflation a légèrement ralenti puisque l'indice des prix de gros est passé de 7,0 % en GA en février, à 6,9 % en mars. Citant la dégradation des indicateurs économiques et la lenteur des réformes budgétaires, l'agence de notation Standard and Poor’s a abaissé sa perspective de la note de crédit indienne de stable à négative. La Présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est rendue en Inde fin mars, où un partenariat stratégique a été établi en vue de renforcer les relations bilatérales dans le commerce et l'économie. Pour sa part, à l'occasion du premier voyage officiel d'un dirigeant pakistanais en Inde depuis sept ans, le Président Ali Zardari a rencontré le Premier ministre Manmohan Singh en avril. Ce dernier s'est également entretenu avec Hu Jintao qui a fait vœu de favoriser le développement des relations bilatérales. Amérique LatineLe gouvernement brésilien a annoncé un programme de relance du secteur industriel et de la croissance économique. D'un montant de 35 milliards USD, celui-ci comporte principalement des mesures de réductions d'impôts et des incitations fiscales, ainsi que la mise à disposition de fonds en vue de prêts subventionnés. Après avoir reculé de 1,5 % en GA en janvier du fait notamment d'inondations dans le pays, la production industrielle a progressé de 1,3 % en février. Les tensions inflationnistes se sont encore atténuées et l'indice des prix à la consommation est passé de 5,9 % en GA en février à 5,2 % en mars. La banque centrale a abaissé son taux directeur de 75 points de base (soit 0,75 %) à 9,0 % pour soutenir l'économie intérieure. Depuis le début du cycle d'assouplissement, les taux ont été réduits de 350 points de base (soit 3,75 %) pour passer de 12,5 % à 9,0 %. La Présidente Dilma Rousseff s'est rendue en Inde fin mars, où un partenariat stratégique a été établi en vue de renforcer les relations bilatérales dans le commerce et l'économie. AfriqueLa banque centrale sud-africaine a laissé son taux directeur inchangé à 5,5 % fin mars. En recul pour la première fois depuis plus d'un an en février, l'inflation est restée orientée à la baisse en mars en raison principalement de la détente des prix alimentaires. L'indice des prix à la consommation a ralenti sa progression, à 6,0 % en GA en mars, après avoir atteint 6,1 % en février et 6,3 % en janvier. En conséquence, le taux d'inflation s'est rapproché de la fourchette de 3-6 % visée par la banque centrale. Portée notamment par une augmentation de la production de denrées alimentaires (+8,9 % en GA) et de métaux (7,3 % en GA), la croissance de la production manufacturière s'est accélérée, passant de 2,3 % en GA en janvier à 4,1 % en février. La croissance des ventes de détail, qui représentent plus de 10 % du PIB, s'est essoufflée : elle était de 3,5 % en GA en février, contre 5,2 % en janvier. De hauts représentants d'Afrique du Sud et de Chine se sont rencontrés en avril pour évoquer un renforcement de la coopération bilatérale. EuropeLa croissance du PIB russe est restée solide au quatrième trimestre 2011 : il a progressé de 4,8 % en GA, une évolution stable après les 5,0 % enregistrés au troisième trimestre 2011. Sur l'ensemble de l'année 2011, le PIB a progressé de 4,3 % en GA. Le Fonds monétaire international a révisé à la hausse ses prévisions de croissance en 2012, de 3,3 % en GA à 4,0 %. Parallèlement, en raison du recul des investissements, le gouvernement russe a abaissé ses prévisions de croissance de 3,7 % à 3,4 % en GA en 2012. La banque centrale a maintenu son biais monétaire neutre et laissé son taux directeur inchangé à 8,0 %. Plombée notamment par une chute de l'activité manufacturière, la croissance de la production industrielle a ralenti, passant de 6,5 % en GA en février à 2,0 % en mars. Le Président élu Vladimir Poutine a annoncé son intention de quitter la présidence du parti Russie unie après son investiture en mai, et confirmé ses projets de nommer le Président sortant Dmitry Medvedev Premier ministre et leader du parti. En Turquie, freinée par l'essoufflement de la croissance dans la plupart des segments de l'économie (dont l'investissement, la consommation des ménages et les exportations) et la réduction des dépenses publiques, la croissance économique a ralenti : le PIB est passé de 8,4 % en GA au troisième trimestre à 5,2 % au dernier trimestre 2011. Sur l'ensemble de l'année 2011, le PIB a progressé de 8,5 % en GA. En mars, l'inflation est restée supérieure à 10 % pour le quatrième mois consécutif en raison de l'augmentation des prix de l'alcool, du tabac et des denrées alimentaires. Les prix à la consommation ont augmenté de 10,4 % en GA en février et mars, ce qui marque un léger ralentissement par rapport aux 10,6 % constatés en janvier. En avril, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé au niveau historiquement bas de 5,75 %. Lors du premier voyage officiel d'un Premier ministre en Chine depuis plus de 25 ans, Recep Tayyip Erdogan a passé quatre jours dans l'Empire du Milieu. Sa rencontre avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'est soldée par un engagement à renforcer la coopération bilatérale par le biais d'accords dans des domaines tels que les échanges commerciaux, les investissements et le nucléaire. A la une du mois : Investir en AfriqueEn vue du lancement prochain du nouveau FTIF-Templeton Africa Fund, il nous semble judicieux d'évoquer nos perspectives concernant le continent. L'Afrique pourrait selon nous représenter une opportunité formidable pour les investisseurs dans les années à venir. Ce continent est réputé pour la richesse de ses ressources naturelles, dont beaucoup sont à peine exploitées, notamment le pétrole et le gaz et plusieurs métaux et minerais, ainsi que de grandes étendues de terres agricoles. Ces richesses attirent des investisseurs du monde entier, en particulier des pays émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil, en quête de matières premières pour leur propre développement économique et de nouveaux marchés pour leurs industries. En contrepartie, les pays africains bénéficient d'infrastructures vitales comme des services de transports, des centrales électriques, des écoles et des hôpitaux, faisant entrer en jeu une autre ressource importante de l'Afrique : une population nombreuse et jeune. Composée de plus d'un milliard d'individus âgés en moyenne de 20 ans à peine, la population voit ses perspectives et sa productivité transformées grâce à l'éducation, la mobilité et l'accès aux ressources en capital. Ce cercle vertueux a déjà porté ses fruits. De 2000 à 2010, six des économies affichant la croissance la plus rapide se trouvaient en Afrique. Pour les cinq prochaines années, le Fonds monétaire international anticipe une croissance du produit intérieur brut (PIB) supérieure à 5 % pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. En fait, certains pays comme le Nigeria, le Ghana et le Kenya devraient progresser encore plus vite. L'intensité de cette croissance se traduit par l'essor des classes moyennes et par des économies intérieures dynamiques, ce qui génère des opportunités pour les entreprises du secteur de la consommation et offre une certaine protection contre les problèmes des marchés développés. Malgré les nombreuses opportunités d'investissement, l'accès aux marchés reste difficile : en dehors de l'Afrique du Sud, les marchés actions sont relativement petits et illiquides, et les actifs clés restent aux mains de l'État et d'actionnaires privés, et ne sont généralement pas cotés en Bourse. La réglementation des droits des actionnaires est souvent incomplète. Dans plusieurs pays, l'instabilité politique représente également une menace. Toutefois, cette situation peut évoluer. C'est par exemple le cas du Nigeria, où la réforme bancaire a entraîné une série de consolidations qui ont donné naissance à des établissements mieux gérés, bien financés et assortis de valorisations attractives. Par ailleurs, les privatisations et l'introduction en Bourse d'entreprises publiques pourraient favoriser la liquidité des marchés boursiers et exposer les sociétés à des pratiques de gestion plus modernes. L'Afrique du Sud se distingue de ses homologues africains par un marché actions vaste, profond et liquide. De plus, de nombreuses sociétés sud-africaines offrent une exposition aux marchés plus septentrionaux auxquels il aurait été plus difficile d'accéder directement. Nous avons décelé des opportunités particulièrement intéressantes dans les secteurs sud-africains des mines et de la distribution. Deuxième pays d'Afrique subsaharienne par sa taille, le Nigeria est doté de nombreuses ressources naturelles qui n'ont jusqu'à présent pas été pleinement exploitées en raison d'un manque pressant d'infrastructures, en électricité notamment. La réforme du système bancaire offre un moyen attrayant d'investir dans une économie intérieure en forte croissance et nous poursuivrons sur cette voie au fil de l'avancée de la réforme réglementaire. Deuxième pays d'Afrique subsaharienne par sa taille, le Nigeria est doté de nombreuses ressources naturelles qui n'ont jusqu'à présent pas été pleinement exploitées en raison d'un manque pressant d'infrastructures, en électricité notamment. La réforme du système bancaire offre un moyen attrayant d'investir dans une économie intérieure en forte croissance et nous poursuivrons sur cette voie au fil de l'avancée de la réforme réglementaire. Désormais pourvu d'une nouvelle constitution après les graves perturbations politiques de 2007, le Kenya semble intéressant du fait de ses ressources naturelles, en particulier dans l'agriculture, et en tant que point d'entrée pour l'essentiel des investissements en Afrique. Son marché des télécommunications bien réglementé offre des opportunités d'investissement dans la téléphonie mobile ; par ailleurs, il est également possible d'investir dans la distribution et la banque. L'Égypte a une population vaste, jeune et assez instruite, avec une économie diversifiée bien représentée sur son marché boursier. Malgré l'agitation politique tragique et les bouleversements économiques auxquels le pays a dû faire face, de nombreuses sociétés affichent des perspectives attrayantes à long terme en plus de valorisations attractives. Au-delà de ce groupe de tête, de nombreux autres pays africains présentent un solide potentiel à long terme et les liens interrégionaux créent des activités véritablement propres au continent. Pour résumer, nous pensons que l'Afrique pourrait être le marché émergent qui se distinguera au cours de la prochaine décennie et nous souhaitons offrir à nos investisseurs la possibilité de bénéficier de leur croissance exceptionnelle.
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