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Accueil > Financier > Actualités Marchés Financiers > Janvier 2012 > Marchés émergents - Décembre 2011

Marchés émergents : revue mensuelle janvier 2012

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Vue d'ensemble


Les marchés émergents ont débuté le quatrième trimestre 2011 sur une note positive en terminant le mois d'octobre sur des performances à deux chiffres. Dans le monde entier, les prix des actions sont remontés sous l'effet des résultats solides desentreprises, des programmes de recapitalisation des banques de l'Union européenne, l'utilisation d'un levier pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et la publication de statistiques économiques positives aux États-Unis. Toutefois, ces gains ont été en partie contrebalancés par les pertes des deux mois suivants, dues à la lenteur des dirigeants européens à résoudre la crise de la dette de la zone euro. Toutefois, les marchés émergents ont dégagé des performances trimestrielles positives, permettant ainsi à l'indice MSCI Emerging Markets de terminer la période sur une hausse de 4,4 % en dollar américain.

Les banques centrales des marchés émergents ont poursuivi leurs efforts pour soutenir la croissance, les craintes inflationnistes ayant continué à s'apaiser. Pour la première fois depuis 2008, la Chine a réduit le ratio de réserves obligatoires pour les banques, ce qui pourrait indiquer la fin de la politique actuelle de durcissement. Par ailleurs, le Brésil a réduit ses taux d'intérêt pour la quatrième fois en cinq mois et la Russie a abaissé son taux d'intérêt de référence pour la première fois depuis 2010. La croissance du PIB a continué à ralentir dans la plupart des économies émergentes mais les taux de croissance y restent bien plus élevés que dans les pays développés.

Le point sur chaque région

Asie

La Chine est toujours l’une des grandes économies les plus florissantes au monde. Le PIB a progressé de 9,1 % en glissement annuel (GA) au troisième trimestre 2011, contre 9,5 % en GA au deuxième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l’année, la croissance du PIB s’établit à 9,4 % en GA. Les principaux moteurs de cette croissance sont la consommation, les exportations et les investissements. Les tensions inflationnistes se sont à nouveau atténuées pendant le trimestre. L'indice des prix à la consommation (IPC) est passé de 5,5 % en GA en octobre à 4,2 % en GA en novembre, les hausses des prix de l'alimentation et de l'immobilier ayant ralenti. Pour soutenir l'économie intérieure, la Banque populaire de Chine a abaissé le ratio des réserves obligatoires des grandes banques, passant du niveau record de 21,5 % à 21,0 %. Il s'agit de la première réduction de ce ratio décidée par la Banque depuis 2008. Le secteur industriel continue d'enregistrer une croissance solide, la production ayant augmenté de 12,4 % en GA en novembre. Afin de soutenir les petites et les moyennes entreprises, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures dont une réduction d'impôts. En outre, la Chine a signé des accords avec Fidji et Macao afin de renforcer leurs relations économiques.

En Corée du Sud, l'économie a progressé de 3,4 % en GA au troisième trimestre 2011. Alors que le taux est resté le même qu'au deuxième trimestre en GA, la croissance est passée de 0,9 % à 0,7 % en glissement trimestriel. La principale raison du ralentissement de la croissance a été la faiblesse des investissements et des dépenses des ménages. Côté bonnes nouvelles, les exportations, qui représentent plus de 50 % du PIB du pays, ont enregistré une croissance plus soutenue. La croissance des exportations est passée de 8,0 % en GA en octobre à 13,8 % en GA en novembre, la demande asiatique et américaine ayant compensé celle de l'Union européenne en baisse. En novembre, le gouvernement a signé un accord de libre-échange avec les États-Unis, qui devrait entrer en vigueur en janvier 2012. Afin de soutenir l'économie intérieure, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé à 3,25 %. L'indice des prix à la consommation a atteint 4,2 % en GA en novembre contre 3,9 % en GA en octobre, dépassant l'objectif de la banque centrale de 4,0 %. La hausse des prix de l'électricité a été l'une des principales raisons de la hausse de l'inflation.

La croissance du PIB indien a légèrement ralenti, à 6,9 % en GA au troisième trimestre 2011, contre 7,7 % en GA au trimestre précédent. Le ralentissement de la croissance du secteur manufacturier et de la consommation privée et la baisse de la production minière ont été à l'origine du ralentissement. La solide opposition rencontrée par l'ouverture du secteur du commerce de détail (450 millions de dollars américains) aux chaînes mondiales de supermarchés a conduit le gouvernement à suspendre la réforme en décembre. Les partis de l'opposition et les enseignes commerciales indiennes ont craint que l'arrivée d'acteurs étrangers n'entraîne la disparition des magasins familiaux de petite et moyenne taille, qui représentent actuellement près de 90 % du secteur. Après une hausse en octobre, la banque centrale indienne a laissé son taux directeur inchangé en décembre. En octobre, elle a relevé ses taux de mise et de prise en pension de 25 points de base (0,25 %) à respectivement 8,5 % et 7,5 %. Malgré 13 hausses des taux d'intérêt depuis mars 2010, la roupie indienne a atteint en décembre un niveau historiquement bas par rapport au dollar américain, entraînant ainsi une hausse de l'inflation et des coûts d'importation. Le déficit commercial de l'Inde a doublé en octobre à 19,6 milliards de dollars américains ; le ralentissement économique mondial a en effet pesé sur la demande en produits exportés, et les importations se sont inscrites en hausse en raison de la vigueur de la demande intérieure et de la dépréciation de la roupie.

Amérique Latine


La croissance de l’économie brésilienne est ressortie à 2,1 % en GA au troisième trimestre, soit le taux le plus bas en deux ans. Tandis que le secteur agricole a progressé de 3,2 % en glissement trimestriel, les services, les investissements et la consommation des ménages ont enregistré de légères baisses. Le durcissement des politiques monétaires et de crédit mises en place plus tôt dans l'année a freiné la demande intérieure. En novembre, le gouvernement a révisé à la baisse ses prévisions de croissance 2011, qui sont passées de 4,5 % à 3,8 % en GA. La banque centrale a abaissé son taux directeur de 100 points de base (1,0 %) à 11,0 % en raison de la baisse de la croissance intérieure et mondiale. La banque a réduit ses taux à quatre reprises depuis juillet 2011, ce qui porte la réduction totale à 200 points de base (2,0 %). Les tensions inflationnistes ont continué à s'atténuer, l'indice des prix à la consommation passant de 7,0 % en GA en octobre à 6,6 % en GA en novembre.

Afrique

Le PIB sud-africain a progressé de 1,4 % en glissement trimestriel au troisième trimestre 2011, en ligne avec la croissance de 1,3 % en glissement trimestriel au deuxième trimestre. Le recul de la production minière a en effet contrebalancé la croissance des secteurs de la finance et de la distribution. Afin de soutenir l'économie intérieure, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé à 5,5 %. L'inflation est passée de 6,0 % en GA en octobre à 6,1 % en GA en novembre, son niveau le plus élevé en plus de deux ans et supérieur à la fourchette visée par la banque centrale (3 % à 6 %). Cela est essentiellement imputable à la hausse des coûts de l’alimentation et du pétrole. Le secteur manufacturier a été pénalisé en octobre, notamment par les perturbations de la chaîne d'approvisionnement du secteur automobile, suite aux inondations importantes en Thaïlande. Après 8,1 % en septembre, la croissance de la production manufacturière s'est établie à 1,0 % en GA. La situation sur le marché du travail s'est améliorée au troisième trimestre grâce à la création de 193 000 emplois. Ces nouveaux emplois ont pour la plupart été créés dans les secteurs du commerce de gros et de détail et de la construction.

Europe

La croissance du PIB russe a progressé, à 4,8 % en GA au troisième trimestre 2011, contre 3,4 % en GA au trimestre précédent. Cela s'explique principalement par la croissance solide de la consommation. Les tensions inflationnistes ont continué à se relâcher en novembre, l'indice des prix à la consommation ayant atteint son plus bas en 2011. L'indice a reculé à 6,8 % en GA, contre 7,2 % en GA en octobre, en raison notamment de la baisse des prix alimentaires. La banque centrale a abaissé son taux directeur de 25 points de base (0,25 %) à 8,0% compte tenu du ralentissement de la croissance mondiale et de la détente des tensions inflationnistes. Il s'agit de la première réduction des taux décidée par la banque depuis la mi-2010. De plus, la banque centrale a relevé son taux d’intérêt au jour le jour de 25 points de base (0,25 %) à 4,0 % afin de soutenir la liquidité du secteur bancaire. Sur le plan politique, le parti au pouvoir, Russie unie, a remporté 49,5 % des voix lors des élections législatives de début décembre. Même s'il lui a permis de rester au pouvoir, ce score est bien inférieur aux 64 % obtenus quatre ans plus tôt. Toutefois, les allégations de fraude électorale ont entraîné des protestations généralisées dans tout le pays, les manifestants demandant l'ouverture d'une enquête et l'invalidation des élections.

La Turquie a continué à enregistrer une croissance économique soutenue, avec une hausse de son PIB de 8,2 % en GA au troisième trimestre 2011, contre 8,8 % au trimestre précédent. Elle repose principalement sur une croissance à deux chiffres des exportations, de l’investissement et des dépenses publiques. Même si la croissance de la consommation privée a ralenti, elle est restée solide à 7,0 %. Fitch a laissé la note des obligations d’État à long terme en devises étrangères à BB+ mais a changé la perspective de positive à stable. La banque centrale a laissé son taux directeur inchangé à un plus bas historique de 5,75 % et a abaissé les ratios des réserves obligatoires de 50 points de base (0,5 %) pour les engagements à court terme libellés en devises étrangères dont l'échéance est inférieure ou égale à trois ans, et de 250 points de base (2,5 %) pour les autres en novembre. L'inflation a continué à dépasser l'objectif 2011 de la banque centrale de 5,5 %, les tensions inflationnistes ayant atteint en novembre leur niveau le plus élevé en 18 mois. L'indice des prix à la consommation est passé de 7,7 % en GA en octobre à 9,5 % en GA. Cela s'explique principalement par la hausse des coûts de l'alimentation, des boissons alcoolisées et du tabac, ainsi que du prix des transports.

Perspectives

Sur le long terme, nous conservons une opinion positive à l'égard des actions des marchés émergents. La croissance de ces derniers est toujours trois fois supérieure à celle des pays développés et, à long terme, cela devrait se refléter dans les résultats des entreprises des marchés émergents, ainsi que dans leurs cours de Bourse. Nous pensons que les difficultés de l'Europe vont être résolues et que de nombreuses réformes seront mises en place dans les pays européens, comme la réduction des dépenses publiques et des mesures visant à stimuler l'activité des entreprises en abaissant les taxes et en réduisant les lourdeurs administratives. Selon nous, la même situation pourrait se produire aux États-Unis et au Japon, ces derniers et l'ensemble des pays développés ayant pris conscience que l'une des façons de stimuler la croissance consiste à favoriser l'activité du secteur privé, notamment les petites et moyennes entreprises. Même si l'adoption de ces mesures prendra du temps, nous observons déjà des signes de changement potentiel.

Bien évidemment, il y aura des périodes de surperformance et de sous-performance du fait des variations de marché mais, sur le long terme, les marchés émergents feront mieux que les marchés développés. En fait, sur les dix dernières années, les marchés émergents ont surperformé les marchés développés à huit reprises. Rien ne laisse à penser que cette tendance ne se poursuivra pas à l'avenir.

 

 

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